Les objets

cérémoniels

Les cérémonies autochtones oscillent entre le raccord des univers matériels et immatériels. C’est pourquoi il y a une fine ligne entre les cérémonies et l’art. Il y a passages entre les univers chamaniques de célébration et de guérison et certaines œuvres. Il y a encore des dialogues entre les cérémonies sociales et les rythmes et les sons, les apparats et les prises de paroles créatrices. Puis il y a les protocoles diplomatiques. Les Wampum, la Coiffe de Grands Chefs, les Calumets et quelque part les ceintures fléchées sont quatre types d’artefacts autochtones qui, en plus de leur stylisation artistique, recèlent de grandes valeurs immatérielles qui ne sont pas que symboliques : ils portent en eux l’esprit même de la noblesse des pourparlers géopolitiques et des alliances.

Équivalentes des couronnes royales sur le plan politique, les coiffes des Grands Chefs autochtones possèdent en outre une dimension spirituelle en lien avec l’esprit des Animaux et une stature de guerrier reconnues par tous en termes de bravoure et de sagesse. Chez les nations iroquoiennes, si c’est l’homme qui porte la coiffe, ce sont les femmes qui nomment le chef. Ornés de manière flamboyante de plumes d’animaux dont celles de l’aigle, des faisans sauvages et outardes, mais aussi d’ossements, et mèches de chevelure, les coiffes donnent à voir, selon les tribus, des styles distinctifs

Originellement fabriqués de coquillages marins de couleurs blanche et violette provenant des côtes Atlantique, les colliers de wampum ont plusieurs usages : ceux sacrés relevant des mythes fondateurs comme le Hiawatha Wampum Belt iroquois, ceux de mémoire collective à réinterpréter périodiquement, pour le don lors des rassemblements, ceux diplomatiques, équivalent à des traités signés, scellant les Alliances, et ceux comme monnaie d’échanges commerciaux. Jusqu’en 1812, ce système a régi les relations entre Premières Nations et les nouveaux arrivants européens.

Wampums

La ceinture fléchée tisse ensemble plusieurs variables identitaires historiques du Kanata. Elle possède des origines amérindiennes (tissage de fibres de tilleul) qui, avec le temps se sont métissées avec les influences française, anglaise, puis de la Nation des Métis. Elle figure autant dans les costumes des Chefs Wendat, des coureurs des bois de la Hudson Bay Company, des Métis des Prairies, de l’habitant canadien-français jusqu’à l’icône qu’est le célèbre Bonhomme du Carnaval d’hiver de Québec.

La ceinture

fléchée

Le Calumet

L’usage cérémoniel du calumet est un symboles rassembleurs des Premières Nations. Les Traités de paix, après d’intenses négociations dans le cercle de paroles, se concluent par un festin et le rituel de fumer à tour de rôle le Calumet de Paix afin de sceller les nouvelles Alliances. Le calumet souligne l’importance des échanges géopolitiques sur le dos de la Grande Tortue.  

Coiffes

des grands chefs

© Musée des maîtres et artisans du Québec,  2018 -